L’intelligence stratégique ou économique, qu’est-ce que c’est ?
Jean-Christophe Marcoux, coauteur de «Small Business Intelligence», est consultant spécialisé dans l’intelligence stratégique. Il conduit depuis 11 ans des projets à fort ancrage international, surtout en Asie. Dans un entretien accordé à Euroview, magazine de référence de la chambre de commerce européenne, basée à Taiwan, il parle de «l’intelligence compétitive», à savoir la gestion stratégique de l’information.
Voici un extrait de cet entretien.
Q : Pourquoi l’intelligence économique est-elle essentielle pour un décideur ?
Tout le monde s’accorde à dire que le milieu professionnel est aujourd’hui hyper compétitif et que les entreprises doivent faire face à de plus en plus de risques. Et ce n’est pas seulement dû à la crise économique mondiale : les fraudes internes/externes, l’insolvabilité «organisée», les réseaux parallèles ou la contrefaçon en sont autant responsables.
A ces risques s’ajoutent un certain nombre d’incertitudes. Le nombre d’entités gouvernementales a augmenté partout dans le monde : les groupes de pression, les groupes d’études, les ONG, les associations de consommateurs, les organisations criminelles, etc. La complexité de cet écosystème a un impact profond dans divers secteurs : la politique, la géopolitique, les milieux social, culturel ou économique. Au final, pour durer, l’entreprise doit avoir une vue d’ensemble pour définir une ligne stratégique fiable. …/…
Q : Quelle est votre définition de l’intelligence compétitive ?
C’est la gestion stratégique de l’information. Cette approche pluridisciplinaire place la connaissance au centre de la pensée stratégique. Elle combine la technologie à l’intelligence humaine. Elle relie l’information à ses canaux. Elle aide les entreprises à avoir une vision tactique dans le court terme et stratégique dans le long terme. Toutes les structures sont concernées : PME, multinationales ou secteur public. …/…
Q : Quelles sont les facteurs de succès ?
Tous ceux qui ont réussi à mettre en place une intelligence stratégique et économique y sont souvent arrivés suite à un « audit d’information ». Ces décideurs visionnaires ont ensuite formés leurs collaborateurs et partenaires pour qu’ils puissent à leur tour développer cette « conscience stratégique », aussi bien en interne qu’en externe. En Europe, une étude récente a démontré que 84% des chefs d’entreprise « formés » à l’intelligence stratégique ont ensuite décidés de changer leur manière de travailler. Car pour qu’une entreprise soit performante et compétitive, le chef d’entreprise doit donner la possibilité à ses collaborateurs de travailler sur des projets. …/…
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Source : Information costs money. Intelligence makes money, Euroview, n° 139, décembre 2011/janvier 2012
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