Taipei, février 2013, la Foire du Livre, et Edi.pro parmi les invités d’honneur de l’évènement. Luca Venanzi a demandé à une de ses auteures, Julie Brunel, de venir y parler de la symbiose entre Industries Culturelles et Créatives, et Marketing.
La consultante commerciale est déjà en terrain connu à Taïwan, et sait la réserve traditionnelle des habitants de l’île. Or, cette fois-ci, en fin d’une de ses conférences, la question à première vue émotive d’un auditeur rappelle une notion universelle, le «Romantic Business».
Le talk porte sur le lien entre Graphic Design et Marketing dans le milieu de l’édition. Après une démonstration in situ de l’équation idéale pour assurer un retour sur investissement efficace et agréable pour tous, vient le moment des questions/réponses. Un monsieur prend le micro :
- «Bonjour. J’écris des textes, je fais les illustrations, je mets en page moi-même, puis je fabrique mon papier, le coupe, l’imprime aux caractères en plomb, laisse sécher, fabrique la couverture, relie le tout, emballe, et ceci à plusieurs reprises. Dès que j’ai quelques exemplaires de mon ouvrage, je me rends en voiture à une foire du livre artisanal, et j’attends que quelqu’un achète. Cela marche difficilement, et non seulement je ne gagne jamais assez pour me rembourser mon essence, je dépense beaucoup d’argent pour faire tout cela, et en plus j’ai de moins en moins de ressources pour vivre et continuer à créer… Pourtant, ici (sur la Foire du Livre de Taipei. NDA) je constate que les gens achètent des livres à tour de bras ! Pourquoi ça ne fonctionne pas pour moi ?»
Réponse :
- «Romantic Business».
Il s’agit d’un modèle d’affaires à perte certifiée, basé sur le déni de réalité de la part de l’entrepreneur. Ici en l’occurrence, cet artiste/écrivain/graphiste/paper designer/illustrateur/imprimeur/relieur/conditionneur/transporteur/monteur de stand/stratège tarification/commercial/comptable/gestionnaire… etc… et qui donne lui-même la réponse à sa question. Il décrit sans le savoir l’équation ‘temps x compétence = rendement’. Peut-être ce créateur est-il plus doué en écriture qu’en reliure, ou l’inverse ? Et une incohérence dans le produit fini (un mauvais texte bien présenté ou un excellent écrit mal relié) freine la vente.
Les romantic businessmen and women ne veulent pas -en fait- «lâcher bébé». LEUR création est LA nouvelle merveille planétaire, innovante et tellement attendue : personne d’autre qu’eux-mêmes ne peut mieux contribuer à cette Œuvre… Pensent-ils.
Pour déceler le romantic business en quelques indicateurs : la personne fait tout elle-même, elle réalise également son identité graphique et visuelle (ah non, elle n’a jamais étudié le Graphisme, pourquoi faire ?), a du mal à définir son métier, et elle évite de montrer ses créations, de peur de se les faire «piquer». Songez à ces ahurissants websites amateurs décrivant avec force «vocation» et «passion», et étoffés d’aussi approximatives images, voire aucune.
Pour en revenir à la description de l’entrepreneur créatif «homme-orchestre», les éditions Edi.pro adressent justement aux professionnels des ouvrages pour tendre vers une activité rentable et épanouissante. Un des premiers conseils porte sur la solidité de l’équipe et la délégation : un créateur isolé ne peut exister au-delà de son atelier. Il a intérêt à s’entourer des bonnes personnes s’il veut percer sur le marché. Et mieux vaut définir la qualité de son entourage à la compétence, la complémentarité et le partage des visions et valeurs d’entreprise.
Cela contrairement au copinage, n’en déplaise à certains : le «Coterie Business», encore un autre modèle économique… à perte certifiée pour tout le monde.
Julie Brunel, Conseil Stratégique
+32 (0) 485 934 635
L’IHECS, l’Institut des Hautes Etudes en Communications sociales, organise un atelier destiné aux CEO, Chargés de communication interne et/ou externe ou encore Responsables Ressources humaines d’entreprises ou d’organisations ayant été confrontés aux rumeurs ou pensant l’être un jour, qui veulent pouvoir mieux les comprendre afin d’y réagir le plus efficacement possible et d’en diminuer l’impact négatif au niveau de leur image ou de leur chiffre d’affaires.
Cet atelier est animé par Aurore Van de Winkel, auteur chez Edi.pro de l’ouvrage de référence en la matière « Gérer les rumeurs, ragots et autres bruits », lequel sera offert à tous les participants.
Les objectifs de cet atelier ?
- Mieux comprendre les rumeurs (ragots, légendes urbaines, buzz).
- Mieux connaître leurs impacts sur l’organisation.
- Appréhender les risques d’une mauvaise communication sur le sujet.
- Connaître les réponses juridiques.
- Échanger des expériences.
- Développer des solutions adaptées à chaque situation et à chaque organisation.
Alors si vous êtes victimes de diffamation ou de calomnie, si votre organisation est accusée à tort de tromper ses clients ou de les mettre en danger, si des rumeurs sont à l’origine de grèves, d’actions de mécontentement de votre personnel ou encore de boycott de vos produits/services par vos clients ou actionnaires, etc., n’attendez plus et inscrivez-vous au plus vite !
Cet atelier vous aidera à distinguer les différentes sortes de rumeurs, à comprendre leurs modes de diffusion, leurs effets positifs et négatifs, les raisons pour lesquelles les individus y croient ou les diffusent, celles pour lesquelles votre organisation en a été victime ainsi que les différentes solutions pour les contrer. Concrètement, cet atelier répondra à toutes vos questions, vous donnera une méthode de gestion de ces « bruits » et des conseils concernant votre communication à leur sujet.
Où ? Quand ? Combien ?
L’atelier dure une journée et est programmé le 26 avril 2013.
Prix : 200 € (inclus: le livre « Gérer les rumeurs, ragots et autres bruits »)
Lieu : IHECS Formation Continue
Rue des Grands Carmes, 23-27
1000 Bruxelles
02/274.28.10
Pour vous inscrire, c’est par ici : www.ihecs-fc.be/top/inscription.html
Il en va de même pour de nombreux achats, si petits soient-ils. Mais pas seulement : vous prenez le bus, un taxi, vous prêtez 100 € à un ami, vous mangez au restaurant, vous allez chez votre coiffeur, à votre salle de sport, vous louez une chambre d’hôte, vous partez travailler… Que ce soit à titre professionnel ou privé, souvent même à votre insu, vous concluez régulièrement des contrats.
Les contrats sont omniprésents dans nos vies, même si nous ne soupçonnons pas toujours les implications juridiques des accords qui interviennent dans ces cas.
Marie DUPONT, avocate spécialisée en droit privé, a publié chez Edi.pro «Le B.a.-ba du contrat».
Elle entend bien expliquer à tout un chacun ce à quoi il s’expose lorsqu’il conclut un contrat. Tour à tour tenus à une obligation (on est alors qualifiés de «débiteurs»), ou bénéficiaires d’un droit (on parle alors de «créanciers»), le contrat nous lie juridiquement à un ou des cocontractant(s).
L’objectif poursuivi par l’auteur est d’offrir, à travers ce guide pratique, tout ce que vous devez savoir en matière de contrats.
Marie Dupont a accepté de se livrer avec Edi.pro au jeu des questions et des réponses.
Edi.pro : Vous êtes juriste. Comment définissez-vous un contrat ?
Marie Dupont : On peut définir le contrat comme un accord de volonté conclu entre deux ou plusieurs personnes en vue d’obliger juridiquement l’une ou chacune d’entre elles à (ne pas) faire quelque chose. Chaque fois que l’on acquiert un bien ou un service, que l’on s’engage à faire quelque chose ou qu’au contraire qu’on s’interdit d’adopter tel ou tel comportement, on conclut un contrat.
Edi.pro : Un contrat écrit est-il obligatoire dans tous les cas ?
Marie Dupont : Il est rare que la loi impose la rédaction d’un document écrit. Il est toutefois vivement conseillé de rédiger un document – en autant d’exemplaires que de parties, et signé par chacune d’elles. En effet, non seulement il est préférable de s’assurer d’avoir une compréhension commune de l’objet du contrat et des engagements réciproques, mais de plus, un document écrit permettra, en cas de conflit, de pouvoir apporter la preuve des droits que l’on prétend tirer du contrat.
Edi.pro : Que sont les modalités d’un contrat ?
Marie Dupont : «Modalités» revêt en l’occurrence un sens bien particulier : on parlera plus précisément de «condition» ou de «terme» d’un contrat, qui vont permettre tantôt de suspendre l’exécution d’un contrat jusqu’à ce qu’un événement se produise (p.ex. un achat immobilier sous la condition suspensive de l’obtention d’un prêt), tantôt de retarder la prise de cours du contrat (p.ex. un bail de résidence principale qui prend cours le 1er jour du mois suivant), tantôt d’éteindre le contrat par la survenance d’un événement particulier (p.ex. une location de voiture jusqu’à la livraison de la nouvelle voiture acquise auprès du même garage), etc.
Edi.pro : Quand y a-t-il prescription ?
Marie Dupont : La prescription est un mécanisme de paix sociale qui vise à inciter les titulaires de droits à rester vigilants et à revendiquer ou exercer leurs droits avec diligence. A défaut, la loi leur retirera les droits en question. Il existe de nombreux délais de prescription différents. Ainsi par exemple, le droit d’agir en justice en vertu d’un contrat se prescrit généralement en 10 ans, mais il existe des délais abrégés tels que le délai de prescription relatif à l’action qu’un travailleur voudrait intenter à l’égard de son employeur : il ne pourra plus le faire au-delà d’un an à compter de la fin du contrat de travail.
Edi.pro : Peut-on dissoudre un contrat ?
Marie Dupont : Un contrat est un accord de volontés, et il est en principe toujours permis de décider ensemble de changer d’avis. On pourra ainsi toujours mettre fin à un contrat d’un commun accord entre les parties. Si seul un des contractants souhaite mettre fin à son engagement, il pourra le faire, moyennant le paiement d’une indemnité à son ou ses cocontractant(s), pour autant que le contrat prévoit cette possibilité. Enfin, si une des parties n’est pas satisfaite de la façon dont son co-contractant exécute le contrat, elle pourra mettre fin au contrat «aux torts de l’autre partie», en respectant toutefois certaines conditions de fond et de forme, impliquant parfois de s’adresser à un juge.
Gabrielle Czifra
Que sont les associations de fait ? Des groupes de personnes qui décident d’entreprendre ensemble des activités plus ou moins durables, sans passer de contrats de société limitant leur participation réciproque. Elles sont reconnues par la loi, elles ont une identité propre, mais pas de personnalité juridique. Il s’ensuit que leur constitution et leur fonctionnement ne sont pas clairement définis d’un point de vue légal.
C’est pourquoi la conférence organisée par l’ASBL Syneco se révélera particulièrement intéressante pour ceux qui souhaitent mieux appréhender les associations de fait.
L’après-midi d’information tentera d’apporter diverses clarifications. Celles-ci porteront d’abord sur la nature juridique des associations de fait; ensuite, les orateurs aborderont des questions plus spécifiques :
- le fonctionnement (notamment les assemblées générales, la gestion, l’engagement de personnel salarié);
- la responsabilité des membres qui, en l’absence de personnalité morale, sont personnellement tenus des engagements pris pour l’association;
- les règles comptables;
- et, sur le plan fiscal, la T.V.A. et l’impôt sur le revenu.
Quand : le 26 mars dès 13h45
Où ? : BELFIUS – Auditoire Brel
Boulevard Pachéco, Passage 44 à 1000 – Bruxelles
Chaque participant recevra l’ouvrage paru chez Edi.pro «Les associations de fait», un Dossier d’ASBL Actualités.
Orateurs
Michel Coipel, Professeur émérite de l’Université de Namur
Michel Davagle, Conseiller juridique près les ASBL SEMAPHOR et SEMAFORMA d’Ans
Fernand Maillard, Réviseur d’entreprises, Expert-comptable IECF
Vincent Sepulchre, Administrateur délégué S.O.G.E.F. SCRL-FS, Professeur à l’École supérieure des sciences fiscales, maître de conférences à l’H.E.C., assistant en droit fiscal à l’ULB.
Programme
13h45 : Accueil
14h00 : La notion d’association de fait et l’essentiel de son régime juridique par Michel Coipel
14h40 : Le fonctionnement de l’association de fait et la responsabilité des membres envers les tiers par Michel Davagle
15h20 : Questions-réponses
15h35 : Pause
15h50 : La comptabilité des associations de fait : simplicité ou…? par Fernand Maillard
16h10 : T.V.A. et impôt sur le revenu applicables aux associations de fait par Vincent Sepulchre
16h45 : Questions-réponses
17h00 : Fin
Frais de participation :
- 55 EUR TVAC avec l’ouvrage (pour les membres de Syneco)
- 68,75 EUR TVAC avec l’ouvrage (pour les non-membres)
Il est encore temps de vous inscrire auprès de Syneco ASBL :
tél. : 02/246 50 30 – e-mail : info@syneco.be
Une fois n’est pas coutume, un clin d’oeuil dans le cadre de la réflexion numérique : http://vimeo.com/61275290
Face à la censure grandissante du géant «Apple», les éditeurs ont-ils lieu de s’inquiéter ?
Oui et non. Oui, car toute censure constitue une entrave à la liberté des auteurs, des artistes et de leurs éditeurs. Mais dans ce cas précis, la censure d’ «Apple» ne concerne que certaines images «sensuelles» jugées trop explicites. Des illustrations érotiques dont regorgent certains ouvrages numériques (par exemple les mangas yaoi).
Depuis, cette affaire crée le débat. Et cela va même jusqu’au Parlement européen ! Récemment, le Député Lokkegaard a posé une question parlementaire dans le cadre de la Commission de la culture et de l’éducation sur l’attitude regrettable d’«Apple». Eu égard à la position dominante du géant sur le marché, cette nouvelle forme de censure a été nommée par la Commission européenne «censure privée». Qu’en est-il sur le plan juridique ? En fait, la Commission européenne a dû se rendre à l’évidence que le géant ne violait aucune loi européenne en agissant de la sorte.
Le Député est pourtant bien décidé à ne pas en rester là : il souhaite rédiger à ce sujet une lettre ouverte destinée à «Apple» et aux autres plates-formes numériques.
Dans le monde des éditeurs, on reste très vigilant sur ce sujet devenu sensible. C’est pourquoi la Fédération des éditeurs européens et l’ADEB invitent les éditeurs qui ont rencontré des problèmes de censure de leurs ouvrages par « Apple »ou autres plates-formes numériques » à les informer avant le 14 mars.
Une affaire à suivre donc aussi par Edi.pro (même si les mangas ne font pas partie de son catalogue).
A peine apprenons-nous à gérer les bouleversements liés à nos habitudes de lecture que certains détracteurs de l’ebook viennent en rajouter une couche. La question est la suivante : un propriétaire d’un livre numérique peut-il le prêter ? Question toute banale en soi mais qui se complique dans le monde merveilleux (et compliqué) du numérique.
Mais comment savoir qui est le propriétaire d’un ebook que l’on achète ?
Sommes-nous autorisés à prêter des ebooks sans DRM (digital rights management ou protections sensées éradiquer le piratage, généralement apposées à la demande des éditeurs sur les livres électroniques) ? Normalement, un utilisateur ne peut pas prêter un livre numérique qui est protégé par DRM. Mais depuis peu, Amazon et Barnes and Nobles ont décidé de changer les choses en permettant à leurs utilisateurs de se prêter leurs ebooks achetés. Cependant, ce système n’est possible qu’aux USA !
Tout comme cet autre moyen : la plateforme de prêt entre utilisateurs. Un certain nombre de plateformes ont ainsi vu le jour, comme http://www.booksformykindle.com/ ou http://bookfriend.me/. Les livres sont disponibles pour une durée de 14 jours et vous pouvez en emprunter 3 à la fois. De nouveau, la majorité de l’offre est anglophone…
Ainsi, à l’occasion de la conférence Tools of Change 2013, la vente, et surtout la revente, de livres numériques était au coeur des préoccupations. Bill Rosenblatt, président numérique de Giant Steps Media s’est penché sur la question.
D’après lui, la conséquence fatale de revente ou de prêt d’e-books sera clairement la mort des bibliothèques – si elles ne sont pas autorisées à proposer la location de livres numériques. Et aux différents niveaux de la chaîne du livre, les conséquences seront nuisibles. Pas vraiment un radieux avenir ? « Peut-être l’augmentation de l’activité économique de la revente de livres numériques permettrait de compenser les pertes dans les ventes de cette nouvelle économie », avance-t-il toutefois. Mais la vision reste sombre. Pour l’auteur, la revente devra être sévèrement encadrée, pour éviter qu’une industrie parallèle ne se structure, excluant le créateur.
Encore une fois, quand on parle de l’avenir du numérique, le débat est grand ouvert et loin d’être terminé…
Isabella Fanara
Source :
http://www.lettresnumeriques.be
http://www.actualittes.com