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Fermeture de Libris Agora à Bruxelles : le numérique aurait encore frappé

by sur 23 juin 2014

logo ActissiaChangements définitifs au sein du groupe Actissia Belgique, qui regroupe notamment les librairies Libris Agora, les espaces Belgique Loisirs et Mes livres numériques :

La Libre l’annonçait sur son site la semaine dernière : la librairielogo Libris Agora Libris Agora de l’espace Louise à Bruxelles fermera ses portes en septembre 2015. Ce choix est présenté comme nécessaire pour la survie du groupe et, entre autres, celle des sites Libris Agora de Liège, Louvain-la-Neuve et Namur. Cette librairie accueille régulièrement les ouvrages d’Edi.pro, parmi des livres touchant à l’art, la littérature, l’histoire, les sciences humaines, les sciences et techniques, etc.

Un autre partenaire est touché par cette crise : le club Belgique Loisirs. logo Belgique loisirsCe club de livres date de 1970 et il est devenu le plus important de Belgique francophone, avec actuellement 12 boutiques. Il verra ses sites bruxellois de Woluwé shopping center et de City 2 fermer dès février 2015…

Nicolas Lebeau, le Directeur général de Libris Agora, explique qu’il s’agit d’éviter la débâcle des librairies Chapitre du groupe Actissia en France : sur 57 librairies, 23 ont dû fermer fin 2013-début 2014 (voir la déclaration d’Actissia à ce propos ICI). Selon lui, la conjoncture économique est rude pour les librairies depuis quelques années : le numérique est pointé du doigt, mais également les coûts salariaux et les loyers commerciaux.

***

En effet, la concurrence du numérique et de la vente en ligne est problématique, particulièrement le géant Amazon, qui permet de trouver presque tout – selon son bon vouloir* – à des prix souvent avantageux. L’année dernière, Le Figaro titrait « Livre numérique : peut-on encore sauver les librairies ? » : en France, un fonds de soutien pour les libraires indépendants a été levé en 2013, dans l’idée de maintenir l’équilibre dans le secteur de l’édition-librairie. Actissia semble suivre le mouvement imposé par cette crise en privilégiant l’avenir de ses partenaires numériques au détriment du secteur libraire classique.

Cette mutation en amène d’autres à la créativité, notamment sur la voie de la réappropriation du livre par les acteurs de 1e ligne : l’auteur et le lecteur. Les communautés de lecteurs sont véritablement le lit de la contrefaçon moderne ; les livres sont traités comme les CDs en leur temps et comme les séries actuelles : scannés, changés de format, diffusés gratuitement, le numérique les démocratise plus que n’importe quel matériau jusqu’ici… Comme le repèrent Les Lettres numériques, d’autres communautés proposent des solutions légales, comme Librify, qui offre un livre par mois et des réductions permanentes sur sa librairie numérique, pour quelques dollars d’abonnement mensuel. D’autres encore aspirent à un lien plus direct entre le lecteur et l’auteur. Ce dernier serait le gestionnaire direct de la diffusion de son texte en ligne ; c’est ce que proposent l’écrivain Michael Sullivan et son épouse : une plateforme sur laquelle les auteurs déposeraient directement leur texte au format le plus ouvert (voir leur blog).

Dans le débat numérique versus papier,
le verre à moitié vide se demande : comment sauver le livre papier du déferlement numérique ?
Le verre à moitié plein, lui, se demande : comment utiliser le numérique pour promouvoir le livre ?

E.C.


Les Lettres numériques.be « Vendre des livres autrement : oui, mais comment ? », juin 2014 : ici et « Louis Wiart : « Des passerelles entre réseaux sociaux de lecteurs et livres numériques sont développées » », mai 2014 : ici
La Libre « La dernière librairie Libris à Bruxelles ferme ses portes », juin 2014 : ici
Le Figaro  « Livre numérique : peut-on encore sauver les libraires ? », mars 2013 : ici ; « Les libraires, entre fatalisme et esprit de résistance », août 2013 : ici ; « Amazon pourrait devenir le premier libraire de France », février 2014 : ici
Le Monde « Ma petite librairie ne connait pas la crise », mai 2012 : ici
* Le conflit en cours avec Hachette montre la puissance d’Amazon en matière de visibilité : la plateforme de vente fait pression sur l’éditeur en retirant ses titres de la vente en ligne, pénalisant également en passant lecteurs et auteurs. Voir notamment Les Lettres numériques.be.
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From → Actualités, e-book

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