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Le crowdfunding sera-t-il le financement de demain ?

by sur 6 novembre 2014

Marianne Hendrickx, auteur du livre Crowndfunding, mode d’emploi, a accepté de répondre à nos questions sur ses démarches et ses motivations quant à l’élaboration du contenu de son nouvel ouvrage.

  • « Crowdfunding, mode d’emploi » vient de paraître. Pouvez-vous expliquer vos motivations et vos démarches quant à l’écriture de votre livre ?

Cela fait longtemps que je m’intéresse aux nouvelles technologies. J’utilise internet pratiquement depuis son apparition publique, vers 1995, et, comme journaliste, j’ai beaucoup écrit pour E-Trends dans ces années-là. En 2013, le phénomène du crowdfunding m’intriguait. J’ai cherché des informations sur le net dans le cadre d’un projet personnel. Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais, même en anglais. Je me suis dit que je ne devais pas être la seule… et qu’il y avait un guide pratique à réaliser. D’autre part, les financements alternatifs – notamment dans le secteur culturel – m’ont toujours intéressée : mécénat, sponsoring, tax-shelter,…

  • Comme vous l’avez précisé dans votre ouvrage, si le financement participatif est en vogue aux Etats-Unis, les obstacles à sa bonne marche en Europe sont nombreux. Pensez-vous que ce type de financement a une chance de percer véritablement sur notre continent ?

L’Europe a commencé à importer et adapter le crowdfunding vers 2008. Elle est peut-être un peu en retard par rapport aux USA, mais les chiffres ne trompent pas : le nombre de plateformes explose, les montants recueillis doublent, voire triplent, chaque année. En France, il y a plus d’un million de personnes désormais qui ont soutenu des projets dans tous les domaines. Le crowdfunding répond à un double besoin. D’une part, le financement des PME, qui représentent la majorité de l’emploi et surtout de la création d’emplois en Europe. De l’autre, les épargnants ont de plus en plus envie de savoir à quoi sert concrètement leur argent. Plusieurs facteurs freinent certes la croissance du phénomène dans l’Union européenne comme la diversité des langues, des cultures et des moyens de paiement. Le plus grand obstacle reste l’incompatibilité des législations nationales en ce qui concerne les marchés financiers et la fiscalité. Mais la réalité économique va faire évoluer les choses : les « starters » ont désormais une ambition européenne, voire plus. Les États vont devoir rattraper le train, sous peine de freiner leurs propres entreprises. Dans cinq ans, on sera étonné du chemin parcouru.

  • Autant dans votre parcours professionnel que dans vos ouvrages, vous démontrez une très nette attirance pour les domaines de l’économie. D’où vous vient cette préférence ?

A vrai dire, je n’en sais rien. J’ai étudié la philologie romane et j’ai longtemps hésité entre le journalisme et… la mise en scène de théâtre. Je crois que l’économie a un côté concret et complexe qui me convient bien… au point que cela occulte parfois d’autres facettes. La culture, la communication, les ressources humaines font aussi partie de mes dadas. Et je suis une « obsédée de l’écriture » dans tous les genres. J’ai publié des nouvelles… qui se passent pratiquement toujours dans l’univers des entreprises.

  • Pour l’écriture de votre livre, vous avez contacté des personnes comme le Vice Président de la Commission européenne Michel Barnier et le cabinet d’avocats Afschrift. Quelles ont été leurs réactions à votre prise de contact ?

Les réactions ont été positives et tout s’est passé rapidement. Je cherchais un préfacier spécialiste du crowdfunding et « au-dessus de la mêlée ». Je voulais éviter un fondateur de plateforme qui risquait de plaider pour son business ou un lobbyiste dont j’aurais ignoré les intentions finales. Il se fait que Michel Barnier est la personne qui a le plus œuvré pour la promotion et le développement du crowdfunding en Europe. C’est lui qui a initié une consultation générale parmi les Etats-Membres en 2013 et publié une communication début 2014. Si la nouvelle Commission dispose des données nécessaires pour définir un cadre législatif commun, c’est grâce à lui. J’ai pris contact avec son cabinet. Les arguments décisifs ont été que mon livre couvre aussi bien la Belgique que la France et qu’il sera disponible en version numérique, ce qui facilite la diffusion hors de nos frontières. Quant au cabinet de fiscalistes Afschrift, j’y ai fait appel parce que mes questions semblaient dépasser les compétences de notre administration fiscale… Me Florence Cappuyns s’est investie dans ce sujet auquel personne n’avait encore réfléchi.

  • Durant l’élaboration de votre projet, à quelles difficultés vous êtes-vous heurtée, notamment dans la recherche de contenus et d’informations ?

La première difficulté faisait partie du jeu : il fallait défricher, aboutir à une vision globale, puis revenir aux aspects pratiques. J’ai limité les chiffres car ils sont souvent lancés sans indication des méthodes de calcul utilisées et le marché change tout le temps. Autre petit souci : répertorier les plateformes significatives. J’en ai retenus 80, une petite moitié de toutes celles que j’ai consultées, après avoir surfé et surtout lu les conditions générales. La majorité d’entre elles sont belges, françaises, européennes et américaines. Mais j’ai aussi retenu des exemples plus exotiques quand ils indiquaient des tendances de fond ou pouvaient être adaptés à la réalité européenne. Le plus délicat a été de dénicher ce que les propriétaires de plateformes disent rarement. Dans le crowdfunding « généraliste » (maximum 10.000 euros), deux tiers des dossiers soumis passent directement à la trappe, il y a un deuxième tri sur le tiers restant et, au final, environ 70% des projets qui sont mis en ligne atteignent l’objectif. En ce qui concerne le crowdfunding en capital ou en prêt pour les entreprises (à partir de 50.000 euros), il y a entre 1 et 4% des dossiers introduits qui parviennent à monter sur la plateforme pour mener une campagne. C’est donc un parcours du combattant qui ne s’improvise pas.

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