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Audit de rénovation obligatoire: pour ou contre?

by sur 9 mars 2015

Afin de voir dans quelle aventure l’acheteur s’embarque, Johan Albrecht (professeur d’économie de l’énergie et de l’environnement à l’Université de Gand) vient de lancer une proposition palliant à ce problème : un audit de rénovation avant chaque transaction,

C’est dit, « les rénovations sont l’avenir du secteur de la construction ». Ce dimanche, Le Soir annonçait qu’un tiers du parc immobilier date d’avant 1945 et possède le plus souvent un niveau énergétique catastrophique. Il existe seulement 18% du parc de logements (ce qui représente 5 millions d’unités) à avoir été construits depuis 1981. Ces chiffres amènent à la réflexion que les entrepreneurs spécialisés ne manqueront pas de boulot dans les prochaines années.

Quid de l’audit?

Cet audit de rénovation s’inscrirait en fait dans la lignée du certificat de Performance Énergétique des Bâtiments (PEB), avec une particularité, il serait plus précis.

Pour rappel, le PEB est un document remis par votre certificateur. Il attribue un indice énergétique de votre habitation sur une échelle allant du vert (peu énergivore) au rouge (énergivore). Les calculs sont effectués en suivant des paramètres tels que les matériaux, l’isolation du toit, des murs, des chassis, l’installation de chauffage et les ventilations. Le certificat PEB est valable pendant 10 ans et incombe au propriétaire (il doit être réalisé avant la publication de toute annonce de location ou de vente d’un bien sur le marché immobilier).

Comment ?

Un expert indépendant serait chargé de le réaliser.

Qui paie ?

Le vendeur.

Pourquoi ?

Il s’agirait d’un non-sens de faire porter à charge de l’acquéreur acheteur le paiement de l’audit (étant donné le nombre important de biens visités). La transparence des frais nécessaires dans la remise en état du bien du vendeur pourrait avoir pour effet une baisse des prix (les propriétaires ayant tendance à surévaluer la valeur de leur bien).
Il serait obligatoire et exigé avant chaque transaction. Ce processus permettrait à l’acquéreur d’évaluer la hauteur des travaux à effectuer avant de s’engager. Pour Johan Albrecht, « L’acte d’achat est un moment capital dans la vie. Or, les candidats acquéreurs n’ont souvent pas l’expérience nécessaire pour juger de la qualité de leur bien. Et ils ne disposent pas non plus de l’information suffisante. Surtout s’ils doivent se décider rapidement. Il serait donc intéressant que pour le bâti ancien, ces acheteurs disposent également d’un document banalisant les grandes lignes de la rénovation et chiffrent également l’investissement. Cela permettrait d’éviter toute mauvaise surprise. Le coût d’une rénovation varie habituellement de 45.000 euros à 120.000 euros ».
L’objectif de la Commission européenne étant de réduire les dépenses énergétiques d’ici à 2050, cette proposition intéresse.

C’est nouveau ?

Pour Johan Albrecht, sa proposition n’est qu’une transposition d’une directive lancée en 2011 par l’Europe. Selon lui, il faut aller plus loin que la PEB.

Les chiffres

La dépense énergétique des habitations belges est 40% plus élevée que celle des Pays-Bas.
Le relevé indique que la Belgique rencense près de 30.000 rénovations par an en Belgique (nous devrions atteindre d’ici peu 60.000 unités).

Les réactions

Les avis sont mitigés. Pour Francis Carnoy (directeur de la Confédération Construction Wallonne) la proposition est bonne puisqu’elle permettrait une certaine objectivité dans les fixations des montants des travaux. De plus, cela pourrait même faire l’objet d’un incitant fiscal (par exemple un abattement des droits de donation et de succession pour soutenir l’économie réelle).

Eric Verlinden (administrateur délégué du groupe Trevi) est quant à lui perplexe. Pour lui, la mise en place d’un tel procédé est impossible de par la formation demandée aux certificateurs (ceux-ci seront des architectes et non de simples certificateurs PEB). Il ajoute que pour lui la vocation de l’architecte est de construire et que si la proposition n’est pas mauvaise, elle reste irréaliste sur le terrain. Enfin, quant à l’idée de proposer une estimation des travaux, Eric Verlinden ne cache pas son scepticisme en déclarant « L’estimation des travaux de rénovation peut varier de 30 à 50% en fonction de l’entrepreneur que vous choisissez, c’est beaucoup trop aléatoire. Un descriptif des travaux à réaliser me paraît par contre beaucoup plus réaliste et utile ».

L’IPI (Institut Professionnel des agents Immobiliers), lui, vient d’interroger ses membres sur le sujet. Plus de 80 réponses ont été envoyées, il en ressort que 36% des répondants sont favorables à un audit de rénovation (s’il n’est pas à charge du vendeur) contre 64% déclarant être contre (le caractère obligatoire étant un inconvénient).

Il reste donc encore beaucoup de travail avant la mise en place d’une telle proposition, nous pouvons cependant y voir une volonté d’améliorer l’information donnée à l’acheteur.

Si vous désirez vous renseigner sur la P.E.B., Edi.pro vous recommande « La P.E.B. expliquée ».

peb-expiquee_GD

Tristan Graindorge

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