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Objectiver et organiser la sérendipité !

by sur 3 août 2015

Qui, aujourd’hui, passe une journée sans faire la moindre recherche sur internet via un moteur de recherche ? Depuis quelques temps, la notion de sérendipité fait son chemin dans l’univers du web 2.0. En fait, nous pratiquons tous – certains sans le savoir – la sérendipité… mais peut-être pas de la manière la plus optimale. Car si d’aucuns l’envisage comme l’art de trouver de façon hasardeuse et chanceuse ce que l’on ne cherche pas, Pierre-Yves Debliquy entrevoit plutôt la sérendipité comme «la capacité à rester à l’écoute de son environnement, à regarder et à traiter les informations de manière décomplexée en fonction des questions qui se posent». Parce qu’organiser la sérendipité est essentiel pour tout qui entreprend des recherches sur le net, nous avons rencontré Pierre-Yves Debliquy, Conseiller en Intelligence Stratégique à la SPI, qui a aussi écrit le livre «Chercher n’est pas trouver».

Trouver des informations sur Google c’est plutôt une chose facile, non ?

Alors que quotidiennement tout le monde cherche des informations avec Google, et s’en trouve satisfait, j’aurais quelques scrupules à déclarer qu’il s’agit d’une activité difficile. Mais il apparaît néanmoins que la plupart des questions posées à Google sont simples et appellent des réponses non équivoques (un nom, un prix, une adresse, une définition, un événement…) Lorsqu’on se montre plus ambitieux, et que l’on souhaite répondre à des questions complexes, l’affaire se corse. Par question complexe, j’entends des questions dont les réponses ne sont pas disponibles telles quelles et qui doivent donc être construites à partir de plusieurs (éléments de) informations. On pourrait citer à titre d’exemple la stratégie d’une entreprise ou d’une organisation, une étude de marché, un exercice de prospective, un état de l’art… Si, pour répondre à des questions simples, il est pertinent de soumettre des requêtes complexes à son moteur de recherche favori, pour répondre à des questions complexes, il vaut mieux travailler à partir de requêtes simples. La différence se marque alors dans la posture face à la liste de résultats. Pour les questions simples, on travaille à obtenir la réponse dans les tous premiers résultats de Google. Pour les questions complexes, on va plutôt dépouiller les résultats à la recherche d’éléments d’information que l’on va reconnaître comme intéressants (ce dépouillement pourrait nous amener à examiner les propositions de Google bien au-delà du centième résultat…)

En fait, formuler la réponse à une question complexe est plus une affaire d’analyse et de synthèse que de capacité technique à utiliser un moteur de recherche. Les méthodes et outils d’analyse et de synthèse sont le sujet principal de ce livre.

On parle beaucoup de la notion de sérendipité. Pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit ?

La sérendipité (serendipity, en anglais) est souvent présentée comme le fait de découvrir par hasard (hasard heureux). Depuis quelques années, le mot est de plus en plus présent dans les conversations et les écrits, à tel point qu’il est régulièrement présenté comme un néologisme. Pourtant, il a été forgé à la fin du XVIIIème siècle pour nommer la capacité des trois princes de Sarendip à déduire des informations sur base d’indices collectés de manière fortuite. La lecture des premières pages du conte « Voyages et aventures des trois princes de Sarendip« , que je vous recommande, permet de comprendre que, loin du hasard heureux, la sérendipité est surtout la capacité à rester à l’écoute de son environnement, à regarder et à  traiter les informations de manière décomplexée en fonction des questions qui se posent.

Quel est le public-cible de votre livre « Chercher n’est pas trouver » ? Que peut-il apporter aux lecteurs ?

J’ai rédigé ce livre en pensant plus particulièrement aux dirigeants de PME et aux autres professionnels. Ceux pour qui une bonne information contribue notablement au succès de leurs projets. Ils ont souvent des bonnes questions, mais peinent à y apporter les bonnes réponses. Soit qu’elles soient trop chères, trop lentes, trop complexes… J’ai donc souhaité partager avec eux les méthodes, outils et techniques pour extraire, structurer et analyser rapidement les informations disponibles, que j’ai eu l’occasion de développer et de pratiquer depuis près de 20 ans que j’utilise le Web pour trouver de l’information, m’informer et apprendre. Mais il est clair que ce livre peut intéresser un public plus large, composé de tous ceux qui doivent aussi trouver des informations, s’informer et apprendre, mais dans d’autres buts. Les étudiants, à tous niveaux, les chercheurs, les journalistes… sont de ceux-là.

Ce livre n’est pas un nouveau manuel d’utilisation de Google. Son objectif n’est pas de faire du lecteur des techniciens de la recherche. Il s’agit plutôt de rendre la recherche naturelle et de se focaliser sur les outils et méthodes d’analyse. Ainsi, une première partie du livre donne des clés de compréhension du fonctionnement du Web et des outils de recherche qui permettent de comprendre pourquoi, lorsqu’on arrête de poser des questions pour commencer à donner les réponses, on devient beaucoup plus efficient. Une deuxième partie du livre est consacrée à la centralisation et l’organisation des informations collectées. La proposition que je fais est basée sur l’utilisation de cartes mentales (mind maps). J’explique donc les spécificités de ces cartes mentales, notamment en termes de lisibilité et de maniabilité. Le but est de rendre le fruit du travail de collecte d’informations rapidement et efficacement accessible aux décideurs. Enfin, la dernière partie est une introduction à l’utilisation d’outils de management qui se révèlent d’excellents cadres d’analyse qui apportent des réponses aux questions complexes.

Somme toute, ce livre est une invitation à objectiver et organiser la sérendipité nécessaire à tous ceux qui cherchent des réponses.

Chercher n’est pas trouver
Outils, méthodes et stratégies à l’usage
de tous ceux pour qui l’information compte
Edi-pro – mars 2015
ISBN : 978-2-87496-244-8

L’auteur – Pierre-Yves Debliquy

En 1994, il entame sa carrière de consultant chez Arthur Andersen. C’est là qu’il découvre et apprend à utiliser PowerPoint. En 2000, après avoir accumulé une grande expérience dans le domaine du document électronique, scanning et OCR auprès d’acteurs majeurs du marché (Excalibur Technologies, Ariane II, CRI Luxembourg, Sogid), il lance EPYSTEMIC, un centre de compétences en gestion du document électronique. Dans ce cadre, il s’est spécialisé dans le cycle de vie du document électronique et dans l’art de créer des documents efficaces. En 2006, avec Christian Vanden Berghen, il fonde BRAINSFEED pour partager avec les PME leurs expertises en Intelligence Stratégique au travers d’activités de conseil, de formation, d’accompagnement et de réalisation de projets au profit de la vision stratégique des dirigeants d’entreprise.

Se procurer Chercher n’est pas trouver

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