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Peu importe le support tant qu’on ait l’ivresse de la lecture

by sur 20 octobre 2015

Tout commence avec deux informations distinctes autour de la lecture numérique en provenance des Etats-Unis et du Royaume-Uni. La première nous apprend que, après plusieurs années de croissance, le marché américain du livre électronique a chuté de 10,4% sur les cinq premiers mois de 2015(1); la seconde annonce que le géant de la librairie anglaise retire les liseuses Kindle de ses étagères parce qu’il n’en vend plus assez(2). Dans les pays anglo-saxons, l’e-book a connu, dès 2007, un envol rapide facilité, il est vrai, par une très faible taxe sur ces produits. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, l’augmentation du prix des e-books explique probablement en partie la baisse notoire des ventes. c’est, en tous cas, l’argument principal avancé par le secteur… En Belgique et en France, comme dans d’autres pays européens, le démarrage a été nettement plus lent et la croissance plus faible pendant quelques années. Faible, mais constante ce qui tend aujourd’hui à réduire considérablement l’écart entre les marchés francophone et anglo-saxon. En Belgique, l’e-book  représente désormais un peu plus de 17% du marché global du livre.

Chez nos voisins français, le livre numérique ne représente encore que 4% du marché. Le bon vieux livre papier tient le haut du pavé grâce, notamment, à un excellent maillage de librairies à travers l’ensemble du pays. Certains, au pays de Voltaire et d’Hugo, s’interrogent même sur la survie de l’e-book car la progression des ventes de livre traditionnels (+ 3% en 2014) est quasiment aussi importante que l’ensemble des ventes du numérique(3)… Et pourtant, même si le frémissement reste frèle, la lecture sur support numérique (liseuse, smartphone ou tablette) séduit un peu plus de français chaque année.

Papier ou numérique… l’important c’est de lire !

Chaque camp fourbira ses arguments ! Ainsi, les partisans du livre papier diront que rien ne vaut le contact avec les pages, que le support papier est plus agréable et plus chaud que le support numérique, qu’une belle bibliothèque avec des étagères remplies d’ouvrages c’est quand même très joli, qu’il y a moins de choix en numérique ou qu’un « vrai » livre peut avoir plusieurs vies… A contrario, les défenseurs du livre numérique affirmeront que son prix est plus intéressant, que l’e-book est plus pratique pour le stockage ou lorsque l’on voyage, qu’il a un côté plus écologique et durable ou que l’offre numérique s’est considérablement élargie.

La numérisation des livres remonte à… 1971 avec le Projet Gutenberg ! Le premier ouvrage numérisé fut La Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis.  L’e-book n’est pas un projet d’aujourd’hui ou de demain. Il serait donc sot de réduire de façon manichéenne la lecture à deux camps qui s’affrontent. En effet, nombreux sont ceux qui lisent sur les deux supports, tantôt sur papier, tantôt en version numérique, selon le contexte ou le moment. Car, au même titre que l’on peut écouter de la musique sur différents supports, on peut lire sur différents supports. Le livre numérique est une évolution normale du livre traditionnel. Ce qui doit réellement attirer notre attention c’est la baisse globalisée du nombre de lecteurs, quel que soit le support. Si, en France, les ventes de livres papier progressent légèrement (+ 3%), si en Belgique le livre numérique représente désormais 1/6e du marché, il convient de constater que le nombre de lecteurs est en baisse constante (- 5% en trois en France(4), un chiffre qui peut être extrapolé à la Belgique). Ce qui signifie, en substance, qu’il y a moins de lecteurs qui achètent davantage de livres !

Le vrai problème de fond est que, non seulement il y a de moins en moins de lecteurs, mais il y a aussi de plus en plus de jeunes qui présentent un niveau de lecture insuffisant. Selon une récente étude, 15 % des jeunes quittent l’école secondaire sans diplôme et sans l’usage fonctionnel de la lecture et 19 % des élèves de 15 ans restent en grande difficulté de lecture(5)… Si le livre numérique peut contribuer, par son caractère technologique, à attirer davantage les plus jeunes vers la lecture, cela ne peut être que bénéfique. Car, en définitive, le plus important n’est pas qu’on lise sur support papier ou sur support numérique, le plus important est qu’on lise !

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(1) Le livre numérique commence à reculer aux Etats-Unis, par Chloé Woitier, on http://www.lefigaro.fr, 23 septembre 2015
(2) Au Royaume-Uni, les Kindle remplacées en librairie… par des livres, on next.liberation.fr, 7 octobre 2015
(3) Livre numérique : le début de la fin ?, Par Juliette Bénabent, on http://www.telerama.fr, 10 octobre 2015
(4) Le nombre de lecteurs baisse de 5% en trois ans en France, on http://www.boursorama.com, 13 mars 2014
(5) La Belgique francophone s’inquiète du niveau de lecture, on http://www.la-croix.com, 22 septembre 2015

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