Skip to content

Livre papier ou livre numérique… lequel est le plus écologique ?

by sur 15 février 2016

Nous n’allons pas revenir sur le sempiternel débat entre les amoureux du livre papier et les afficionados du livre numérique. Ainsi que nous l’avons déjà évoqué, le plus important est de lire, quel que soit le support(1). Les deux ne sont d’ailleurs pas incompatibles en fonction des contextes. En Belgique, le livre numérique reste largement minoritaire mais nous savons qu’il est appelé à se développer et qu’il constitue un enjeu important de l’édition. A l’heure où le marché du livre numérique est en croissance(2), le véritable sujet de cette chronique consiste à apporter quelque éléments de réponse à une question que certains se posent, à savoir lequel est le plus environment friendly : le livre papier ou l’e-book ?

De prime abord, beaucoup ont tendance à imaginer que le livre numérique est plus écologique que son pendant en papier, ne fut-ce que parce qu’il ne nécessite pas de papier. Mais il convient de tempérer directement cet argument en précisant que la fabrication d’une liseuse est très gourmande en eau, en métaux, en plastique mais aussi en minerais divers comme le coltan ou le lithium utilisés dans le but d’accroître la durée de vie des batteries et d’aller plus loin dans la miniaturisation. Il est acquis que l’exploitation des mines de coltan et de lithium contribuent largement à la déforestation… Dans un excellent article daté de 2010, le New York Times affirme même que, même si l’on prend en considération le gravier nécessaire à la construction de routes pour l’acheminement du livre ainsi que toutes ses étapes de fabrication, un livre en papier ne  »coûte » que 300 grammes de minerais alors qu’il en faut quelque 15 kilos pour fabriquer une liseuse ou une tablette(3)… Entre sa production et son transport, l’empreinte carbone globale d’un livre est estimée à 7,5 kilos tandis que celle d’un iPad est de 130 kilos et celle d’une liseuse Kindle de 168 kilos… Mais les liseuses équivalent à de nombreux livres papiers puisque l’on peut stocker jusqu’à 400 ouvrages sur les modèles les plus performants ! Donc l’empreinte carbone des livres en papier équivalant à la capacité de stockage d’une liseuse pourrait se chiffrer jusqu’à 3000 kilos, soit 17 fois plus que celui d’une liseuse Kindle…

Reste que l’utilisation de plus en plus courante de papier recyclé par les éditeurs permet l’économie importante de papier puisque chaque tonne de papier recyclé représente 17 arbres épargnés et que l’usage de papier recyclé dans l’édition permet l’utilisation de 40% d’eau en moins(4)… malheureuseument il reste, selon l’Agence De l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME), quelque 20 millions d’arbres abattus pour l’industrie de l’édition(4)… Par contre, il s’agit de prendre en compte le fait que de plus en plus de lecteurs achètent des livres de seconde main, c’est à dire dont l’impact environnemenal est déjà éprouvé, ou vont en bibliothèque. Cependant, ainsi que le souligne justement le site CustomMade(5), il convient de mentionner que beaucoup de supports de lecture numérique servent aussi à d’autres usages comme la navigation sur internet, la consultation d’e-mails voire le visionnage de films… Cette utilisation multiple doit être prise en compte dans l’impact écologique !

Difficile, en définitive de se faire une idée sur le mode de lecture le plus durable… Le constat que l’on est obligé de poser est que lire, quel que soit le support, a un réel coût environnemental et qu’il n’est pas négligeable. Papier ou numérique, chacun reste libre de faire son opinion car lire est important tant pour le plaisir que pour l’éducation ou pour de développement professionnel… On peut limiter l’impact environnemental en achetant des livres édités sur du papier recycler ou en usant jusqu’à la corde sa liseuse et en la recyclant de façon intelligente mais il n’en reste pas moins que l’impact écologique de la lecture est important.

Bonne lecture !

———
(1) Peu importe le support tant qu’on ait l’ivresse de la lecture, blog Edi.pro, 20 octobre 2015
(2) Le marché américain est passé de 0,6% à 27% entre 2008 et 2015; en Angleterre, la part de l’e-book représente désormais 15% du marché global; en France, l’évolution est de 5% à 15% sur les six dernières années.
(3) How green is my iPad ? Daniel Goleman et Gregory Norris, on http://www.nyt.com, 4 avril 2010
(4) Livre papier vs livre numérique, lequel est le plus écolo ? par Annabelle, on http://www.consoglobe.com, 2 juillet 2015
(5) E-readers vs print books, on http://www.custommade.com, 26 janvier 2015

Publicités

From → Actualités, e-book

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :